Comment devenir ostéopathe ?

Article LeFigaro – Publié par Marion Senant le 10/03/2015 à 10:21


L’ostéopathie attire de plus en plus d’étudiants : la population des ostéopathes a même doublé ces dernières années. Comment vous y retrouver parmi les offres des écoles ? Qu’implique la réforme des études d’ostéopathie qui prendra effet à la rentrée 2015 ? Découvrez toutes les réponses à vos questions.

 

En France, il existe environ 70 écoles d’ostéopathie, d’où sortent chaque année environ 2 000 jeunes diplômés… un chiffre beaucoup trop élevé aux yeux d’Alexandre Bonnet, ostéopathe à Paris. «La population des ostéopathes a plus que doublé en cinq ans! Certaines villes sont complètement saturées!» Pierre-Adrien Liot, étudiant en 3e année à l’Institut d’ostéopathie de Rennes est bien conscient de ces difficultés, mais il nuance: «la concurrence n’est pas la même d’une région à l’autre. Certaines sont même un peu délaissées, mais il faut être prêt à s’y installer».

Pour se lancer aujourd’hui dans des études d’ostéopathie, le professionnel prévient: «il faut avoir la foi chevillée au corps». Au programme, cinq ans d’études en école privée (8000/9000€ l’année environ). À la sortie, le professionnel estime qu’il faut «environ dix ans pour se constituer une bonne clientèle et en vivre correctement.» Pour rappel, le revenu moyen d’un ostéopathe est de 2200 € nets par mois selon le praticien.

Une formation récemment réformée

La formation des ostéopathes a longtemps souffert d’un certain flou. Mais un nouveau décret va uniformiser les programmes pour la rentrée 2015. À partir de cette date, il faudra suivre 4 860 heures de formation pour obtenir son diplôme d’ostéopathe, contre 2 300 minimum auparavant. De nombreuses écoles appliquaient déjà ce nombre d’heure (préconisé par l’OMS) et proposaient des cursus en cinq ans.

Le nouveau décret impose également aux futurs diplômés de faire plus de 150 actes de consultation au cours de leur scolarité. Au minimum, deux tiers de ces actes doivent être réalisés au sein de l’établissement de formation, car ils doivent être encadrés par des professeurs. «Cela implique que les écoles disposent d’une clinique, précise Alexandre Bonnet ostéopathe parisien. De nombreuses écoles proposaient déjà cette forme d’apprentissage, pour elles cela ne va rien changer. Mais celles qui ne disposaient pas de clinique vont devoir en monter une si elles veulent continuer à délivrer des diplômes».

La formation en école d’ostéopathie

Les deux premières années d’étude d’ostéopathie sont centrées sur la théorie: biologie, anatomie, biomécanique, physiologie, sémiologie… Les étudiants apprennent aussi à observer: reconnaître un mal de dos, un problème de genou, de poignet… Une légende raconte que les professeurs demandent à leurs étudiants de première année de se mettre en sous-vêtement dès le premier cours. «Ça n’est pas vraiment une légende, se souvient Alexandre Bonnet. On commence à apprendre à observer avec ses camarades de promo…. Et puis ça détend tout de suite l’atmosphère!». «Ça permet d’entrer directement dans le vif du sujet, ajoute Pierre-Adrien Liot, étudiant en 3e année à l’Institut d’ostéopathie de Rennes, on apprend à observer le corps de façon professionnelle».

Attention, une école d’ostéopathie coûte cher: entre 8000 et 9000 € par an. Et il n’existe pas de formation publique. Il s’agit donc d’un investissement financier important.

Comment choisir son école d’ostéopathie?

«Concentrez-vous sur la clinique, conseille Alexandre Bonnet, l’un dans l’autre, toutes les formations théoriques se valent, c’est la formation de la main qui est importante». Avec la réforme de la formation d’ostéopathe, toutes les écoles qui ne disposaient pas de clinique jusqu’à aujourd’hui vont devoir en monter une. «Or, il faut du temps pour créer la réputation d’une clinique», rappelle l’ostéopathe. Il recommande de se rendre dans les écoles avant de faire son choix et de demander à visiter la clinique, mais aussi à consulter le planning. «S’il est plein, c’est bon signe!».

Pierre-Adrien Liot, lui, a également choisi son école en fonction des intervenants. «Pour les matières théorique, comme l’anatomie ou la sémiologie, nos profs sont des médecins ou des chirurgiens, c’est important d’avoir d’autre visions que celle d’ostéopathes», estime le vice-président de la FédEO (Fédération des Étudiants en Ostéopathie).

Le diplôme d’ostéopathe: un diplôme d’école

Le diplôme qui autorise les ostéopathes à exercer n’est pas un diplôme d’Etat (DE). Il ne donne droit à aucune équivalence à l’université. Si un étudiant veut se réorienter pendant ses études, il devra tout recommencer de zéro. «Certaines écoles délivrent un diplôme reconnu de niveau I par le RNCP, mais cela correspond juste à la reconnaissance d’un bac+5. Cela n’équivaut pas à un titre de master», précise Pierre-Adrien Liot.

Se spécialiser en ostéopathie

Les écoles forment des ostéopathes généralistes, il n’existe pas de diplôme spécialisé. En revanche, il est possible de s’orienter vers différents univers après sa formation initiale (pédiatrie, gériatrie, sport, etc.). «On se spécialise par la formation continue, mais aussi via sa propre expérience professionnelle», se souvient Alexandre Bonnet.

Devenir ostéopathe après des études de kiné

Les jeunes diplômés d’un DE de masso-kinésithérapie (mais aussi les médecins) peuvent ajouter une corde à leur arc en devenant également ostéopathes. La plupart des écoles d’ostéopathie proposent des programmes spécialement conçus pour ces jeunes professionnels, généralement en cours du soir.

Comme ces étudiants ont déjà étudié une partie du programme d’ostéopathie au cours de leur formation initiale, ils sont dispensés d’un certain nombre d’heure. Pour obtenir un diplôme en ostéopathie, ils doivent tout de même effectuer un total de 1 852 heures de cours (1 796 heures s’ils sont passé par une Paces).