L’ostéopathie et les enfants [vidéos]

En 2014, Alexandre Bonnet a réalisé une série de vidéos sur le thème de l’ostéopathie pour les mamans, les bébés et les enfants

Quel est l’âge minimum pour être manipulé ?

Un enfant né par accouchement normal n’aurait pas les mêmes risques qu’un enfant né par césarienne. Voici donc les réponses d’Alexandre Bonnet.

 


Ostéopathie et coliques du nourison

Les mamans se plaignent souvent de ne pouvoir rien faire devant les coliques de bébé. Alexandre Bonnet, ostéopathe, nous dit tout sur le sujet.

 


L’ostéopathie est-elle douloureuse pour l’enfant ?

Normalement, la réponse est NON. Alexandre Bonnet, ostéopathe nous dit tout sur le sujet.

 


Ostéopathie et suivi post-accouchement

Séances d’ostéopathie et séances de kiné doivent être faites simultanément après l’accouchement. Voici les explications d’Alexandre Bonnet, ostéopathe.

 

Comment devenir ostéopathe ?

Article LeFigaro – Publié par Marion Senant le 10/03/2015 à 10:21


L’ostéopathie attire de plus en plus d’étudiants : la population des ostéopathes a même doublé ces dernières années. Comment vous y retrouver parmi les offres des écoles ? Qu’implique la réforme des études d’ostéopathie qui prendra effet à la rentrée 2015 ? Découvrez toutes les réponses à vos questions.

 

En France, il existe environ 70 écoles d’ostéopathie, d’où sortent chaque année environ 2 000 jeunes diplômés… un chiffre beaucoup trop élevé aux yeux d’Alexandre Bonnet, ostéopathe à Paris. «La population des ostéopathes a plus que doublé en cinq ans! Certaines villes sont complètement saturées!» Pierre-Adrien Liot, étudiant en 3e année à l’Institut d’ostéopathie de Rennes est bien conscient de ces difficultés, mais il nuance: «la concurrence n’est pas la même d’une région à l’autre. Certaines sont même un peu délaissées, mais il faut être prêt à s’y installer».

Pour se lancer aujourd’hui dans des études d’ostéopathie, le professionnel prévient: «il faut avoir la foi chevillée au corps». Au programme, cinq ans d’études en école privée (8000/9000€ l’année environ). À la sortie, le professionnel estime qu’il faut «environ dix ans pour se constituer une bonne clientèle et en vivre correctement.» Pour rappel, le revenu moyen d’un ostéopathe est de 2200 € nets par mois selon le praticien.

Une formation récemment réformée

La formation des ostéopathes a longtemps souffert d’un certain flou. Mais un nouveau décret va uniformiser les programmes pour la rentrée 2015. À partir de cette date, il faudra suivre 4 860 heures de formation pour obtenir son diplôme d’ostéopathe, contre 2 300 minimum auparavant. De nombreuses écoles appliquaient déjà ce nombre d’heure (préconisé par l’OMS) et proposaient des cursus en cinq ans.

Le nouveau décret impose également aux futurs diplômés de faire plus de 150 actes de consultation au cours de leur scolarité. Au minimum, deux tiers de ces actes doivent être réalisés au sein de l’établissement de formation, car ils doivent être encadrés par des professeurs. «Cela implique que les écoles disposent d’une clinique, précise Alexandre Bonnet ostéopathe parisien. De nombreuses écoles proposaient déjà cette forme d’apprentissage, pour elles cela ne va rien changer. Mais celles qui ne disposaient pas de clinique vont devoir en monter une si elles veulent continuer à délivrer des diplômes».

La formation en école d’ostéopathie

Les deux premières années d’étude d’ostéopathie sont centrées sur la théorie: biologie, anatomie, biomécanique, physiologie, sémiologie… Les étudiants apprennent aussi à observer: reconnaître un mal de dos, un problème de genou, de poignet… Une légende raconte que les professeurs demandent à leurs étudiants de première année de se mettre en sous-vêtement dès le premier cours. «Ça n’est pas vraiment une légende, se souvient Alexandre Bonnet. On commence à apprendre à observer avec ses camarades de promo…. Et puis ça détend tout de suite l’atmosphère!». «Ça permet d’entrer directement dans le vif du sujet, ajoute Pierre-Adrien Liot, étudiant en 3e année à l’Institut d’ostéopathie de Rennes, on apprend à observer le corps de façon professionnelle».

Attention, une école d’ostéopathie coûte cher: entre 8000 et 9000 € par an. Et il n’existe pas de formation publique. Il s’agit donc d’un investissement financier important.

Comment choisir son école d’ostéopathie?

«Concentrez-vous sur la clinique, conseille Alexandre Bonnet, l’un dans l’autre, toutes les formations théoriques se valent, c’est la formation de la main qui est importante». Avec la réforme de la formation d’ostéopathe, toutes les écoles qui ne disposaient pas de clinique jusqu’à aujourd’hui vont devoir en monter une. «Or, il faut du temps pour créer la réputation d’une clinique», rappelle l’ostéopathe. Il recommande de se rendre dans les écoles avant de faire son choix et de demander à visiter la clinique, mais aussi à consulter le planning. «S’il est plein, c’est bon signe!».

Pierre-Adrien Liot, lui, a également choisi son école en fonction des intervenants. «Pour les matières théorique, comme l’anatomie ou la sémiologie, nos profs sont des médecins ou des chirurgiens, c’est important d’avoir d’autre visions que celle d’ostéopathes», estime le vice-président de la FédEO (Fédération des Étudiants en Ostéopathie).

Le diplôme d’ostéopathe: un diplôme d’école

Le diplôme qui autorise les ostéopathes à exercer n’est pas un diplôme d’Etat (DE). Il ne donne droit à aucune équivalence à l’université. Si un étudiant veut se réorienter pendant ses études, il devra tout recommencer de zéro. «Certaines écoles délivrent un diplôme reconnu de niveau I par le RNCP, mais cela correspond juste à la reconnaissance d’un bac+5. Cela n’équivaut pas à un titre de master», précise Pierre-Adrien Liot.

Se spécialiser en ostéopathie

Les écoles forment des ostéopathes généralistes, il n’existe pas de diplôme spécialisé. En revanche, il est possible de s’orienter vers différents univers après sa formation initiale (pédiatrie, gériatrie, sport, etc.). «On se spécialise par la formation continue, mais aussi via sa propre expérience professionnelle», se souvient Alexandre Bonnet.

Devenir ostéopathe après des études de kiné

Les jeunes diplômés d’un DE de masso-kinésithérapie (mais aussi les médecins) peuvent ajouter une corde à leur arc en devenant également ostéopathes. La plupart des écoles d’ostéopathie proposent des programmes spécialement conçus pour ces jeunes professionnels, généralement en cours du soir.

Comme ces étudiants ont déjà étudié une partie du programme d’ostéopathie au cours de leur formation initiale, ils sont dispensés d’un certain nombre d’heure. Pour obtenir un diplôme en ostéopathie, ils doivent tout de même effectuer un total de 1 852 heures de cours (1 796 heures s’ils sont passé par une Paces).

Dos bloqué, on file chez l’ostéo

Article mariefrance – Publié par Maureen Diament le 03/05/2013


En certains cas, être manipulée par un praticien compétent peut être facteur de soulagement. Attention, il vaut mieux être passée par la case médecin pour éviter de risques inutiles.

Ça marche

Grâce à des manipulations, cette thérapie manuelle rééquilibre la posture, redonne de la mobilité aux muscles et aux articulations et lève les blocages.

« Généralement, une à deux séances suffisent pour améliorer, voire faire disparaître, une lombalgie simple ou un torticolis », confirme Alexandre Bonnet, ostéopathe et vice-président du Registre des Ostéopathes de France.

Les limites

L’origine de la douleur, la compétence du praticien et sa capacité à faire le bon diagnostic : « On ne manipule jamais avant d’avoir réalisé certains tests qui permettent d’éloigner des pathologies de type fracture ou problème vasculaire pour lesquelles il faut évidemment voir un médecin », rappelle Alexandre Bonnet.

La pratique de l’ostéopathie pour les enfants


Une approche ostéopathique des soins  peut être appliquée dès la naissance aux enfants et se poursuivre tout au long de la petite enfance. 


En effet, les tensions liées au travail, à la verticalité et à la nutrition entravent le développement de l’enfant. 
Le rôle de l’ostéopathe est donc de réduire la tension en travaillant sur le crâne, les viscères et le squelette pour libérer le plein potentiel de l’enfant.

La pratique de l’ostéopathie pour les enfants

Pour la plupart des patients, l’ostéopathie se résume à «fissurer les articulations». C’est une vision très réductrice de la pratique actuelle de l’ostéopathie, dont la formation initiale repose sur trois axes majeurs: structurel, viscéral et crânien.

Plus spécifiquement, dans notre pratique pédiatrique, nous interagissons rarement avec le squelette. En effet, pour nous, les blocages chez les enfants sont liés à la tension dans les muscles faciaux , ce qui provoque plus une «limitation» qu’un blocage. Les techniques crâniennes et viscérales, basées sur la physiologie et l’anatomie, prennent ensuite le devant et sont les seuls outils vraiment efficaces dans la pratique pédiatrique.

Un ostéopathe, confronté à son petit patient qui ne peut exprimer ses sentiments, doit chercher à comprendre les symptômes en fonction de ses connaissances anatomiques et physiologiques. Il convient de noter que l’ostéopathe ne « guérit » pas une pathologie, mais « travaille » sur celle-ci afin de rétablir la fonctionnalité. Pour ce faire, il travaille en collaboration avec le pédiatre de l’enfant qui doit d’abord établir un diagnostic différentiel.

De la naissance à l’âge de six ans, plusieurs étapes sont importantes pour le développement de l’enfant, pour lesquelles nous recommandons une visite pour évaluation : naissance, 3 mois, 6 mois, 9 mois ,1 an, 18 mois, 2 ans. Puis tous les six mois jusqu’à l’âge de six ans.

En bref, l’ostéopathie est un traitement préventif qui permet le maintien d’un fonctionnement optimal et le développement des articulations, des fonctions crâniennes et digestives.

Naissance

Le premier stress logique résultant de l’accouchement naturel concerne le crâne de l’enfant. Le bassin osseux de la mère le «déforme» jusqu’à un certain degré. Les fontanelles réagissent à cette contrainte en se fermant: le crâne se réduit donc en taille pour permettre son passage dans le canal génital et sa sortie dans le monde.

Ensuite, il y a le stress sur chaque épaule à son tour      l’enfant se présente toujours de 3/4 sur son axe réduit , formant une sorte de spirale. Puis le thorax parvient à passer, se refermant sur lui-même avec sa grande souplesse musculaire et articulaire. L’adaptation au passage est facilitée par la composition de la cage thoracique, qui est principalement du cartilage.

Le thorax est la zone définie ci-dessus à la fois par les clavicules et par l’abdomen. Il est délimité au-dessus par les muscles occipitaux sternocléidomastoïdiens («SCOM»), ainsi que par les muscles scalène et trapèze qui forment l’orifice supérieur du thorax. En dessous, il est délimité par le diaphragme (qui est formé par un entrelacement de muscles qui entourent un réseau complexe de nerfs). Le thorax encadre latéralement les deux poumons ainsi que le médiastin au centre, communément appelé zone rétro-sternale.

De l’avant vers l’arrière, le médiastin comprend le sternum, le cœur, la bronche principale, l’œsophage et enfin la colonne vertébrale. Cette zone comprend à elle seule un organe du système cardiaque, un organe du système respiratoire et un organe du système digestif ainsi que la moelle épinière. Par conséquent, il est particulièrement important en ostéopathie pédiatrique car il régule les fonctions qui commencent au moment de la naissance: la respiration, la déglutition et la digestion.

Il est important de noter que l’œsophage adhère à la colonne vertébrale jusqu’à ce que la 4ème vertèbre dorsale bifurque vers la droite pour laisser de la place au cœur. L’importance de ce fait peut être observée dans le cas de la cyphose, qui provient généralement du disque D4. En fait, c’est le point de courbure maximale, où, dans ce cas, toutes les tensions seront concentrées.

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Enfin, le passage de l’abdomen et des os du bassin est généralement une formalité à condition que le cordon ne soit pas enroulé autour des membres inférieurs, ce qui causerait de la douleur, de la même manière que lorsque le cordon est enroulé autour du cou.

En tout état de cause, les nombreuses contraintes auxquelles le nouveau-né est confronté à l’accouchement justifient un examen global durant la première semaine de vie, au cours duquel on vérifiera les différentes zones citées: crâne, épaules, thorax, abdomen et colonne vertébrale.

L’utilisation de forceps

Habituellement appliquée sur les lobes temporaux ou pariétaux, l’utilisation de forceps crée des contraintes qui peuvent perturber les orifices du crâne à travers lesquels passent les nerfs et les artères.

Le foramen lacerum postérieur est formé par la mastoïde occipitale à travers laquelle passent les 9ème, 10ème et 11ème nerfs crâniens. Le 10, appelé nerf pneumogastrique ou vagus, régule les nerfs parasympathiques et influence le système digestif. Le 11, le nerf spinal régule le sterno-cléïdo-mastoïdien et entre en jeu lors des spasmes musculaires cervicaux.

Outre l’aspect esthétique du crâne, une intervention préventive dans ces cas d’accouchement à l’aide de forceps est fortement conseillée et doit être réalisée sans attendre l’apparition des premiers symptômes.

Accouchement avec détresse fœtale

Dans le cas de la détresse fœtale, nous notons une modification du rythme cardiaque du nourrisson et alors toute notre attention devrait se concentrer sur l’espace médiastinal rétro-sternal et le long du trajet du 10e nerf crânien. Ce dernier émerge du crâne par le foramen lacerum postérieur, puis longe la partie la plus profonde de la masse musculaire cervicale, en suivant l’œsophage et pénètre dans l’abdomen à travers l’ œso-cardio-tubérostiaire. jonction, traversant le diaphragme à ce point et se terminant finalement dans l’abdomen. Un examen de tous ces points de passage est recommandé.

Les principales raisons d’une consultation post-partum sont:, le torticolis congénita, les difficultés avec la déglutition (l’enfant ayant des problèmes avec la poitrine ou l’allaitement au biberon), les problèmes de comportement (enfant pleurant constamment, ou dans un stress évident).

Un examen du crâne du nourrisson après l’accouchement naturel est obligatoire. Cela nous permettra de déterminer le niveau de tension du bébé.

Examen à trois mois d’âge

Lorsque le nourrisson commence à se tenir la tête haute, il est important du point de vue ostéopathique de vérifier l’équilibre postural des vertèbres cervicales.L’examen donnerait la priorité à l’examen du crâne, de la tension cervicale, des clavicules et du thorax.

À ce stade du développement de l’enfant, les principales raisons d’une consultation sont le reflux gastro-oesophagie, les difficultés digestives qui se manifestent avec un nourrisson agité qui «pédale» constamment avec ses jambes pendant des périodes de temps prolongées et les problèmes avec la tête en équilibre sur la colonne cervicale.

Examen à six mois d’âge

À cet âge, deux changements particulièrement importants ont lieu : l’enfant commence à se tenir verticalement, ils se tiennent la tête haute et commencent à s’asseoir avec de l’aide, et leur nourriture change de texture lorsqu’ils commencent à prendre des aliments solides.

Les mêmes zones que celles de trois mois sont examinées, avec l’ajout d’un examen de tonus musculaire de la colonne vertébrale qui permet d’évaluer la durée pendant laquelle l’enfant peut s’asseoir sans aide, d’un examen de la sphère sous-mandibulaire (position de la tête sur les épaules et qualité de l’activité musculaire pendant la déglutition) et d’un examen du bassin afin de s’assurer que les forces gravitationnelles peuvent être bien tolérées par les os du bassin.

À ce stade, les principales raisons de la consultation sont la plagiocéphalie posturale (plan crânien au niveau de l’occiput ou des pariétals), le reflux gastro-œsophagien qui persiste malgré le passage aux aliments solides et la Douleur digestive avec spasmes abdominaux; l’enfant pleure souvent loin entre les repas sans raison apparente.

Examen à neuf mois d’âge

L’enfant peut s’asseoir sans aide, des aliments solides sont pris tous les jours et ils commencent à se lever. L’examen est de nature similaire à celui de six mois, mais avec, en outre, une attention particulière au tonus musculaire du bas du corps. Le bassin et les membres inférieurs du corps doivent être libres de tension, ce qui facilite l’acquisition de l’équilibre.

À cet âge, les principales raisons de la consultation sont les problèmes d’équilibre,  la douleur pendant la digestion et les problèmes de sommeil.

Examen à un an d’âge

L’enfant est confronté à de nouveaux dangers et à une expansion de son environnement qui entraînera des chutes et des traumatismes légers. Ils peuvent généralement se lever avec ou sans aide. Si ce n’est pas le cas, un examen plus détaillé de la région pelvienne et de l’équilibre est nécessaire, ainsi que de la colonne vertébrale et du bas du corps.

À ce stade, les principales raisons de la consultation sont les  problèmes d’équilibre, les problèmes de comportement et les troubles du sommeil. Dans la majorité des cas, ces problèmes sont le résultat de traumatismes légers subis au cours de la découverte d’un environnement plus vaste.

Examen à dix-huit mois

L’enfant a maîtrisé la marche et a peut-être aussi commencé à courir. Leur apport alimentaire est maintenant complètement diversifié. Un équilibre des tensions abdominales devrait être établi et une étude primaire de leur marche devrait être effectuée. L’observation de la dynamique de leur foulée indiquera si les forces en jeu sont ascendantes ou descendantes, ce qui montrera à son tour l’impact de la marche sur le squelette dans son ensemble.

À ce stade, les principales raisons de la consultation sont les problèmes avec la marche, les problèmes d’équilibre, les problèmes digestifs et les difficultés avec la rotation des jambes.

Examen à deux ans d’âge

L’enfant est maintenant debout, le langage est apparu. C’est pourquoi nous examinons maintenant attentivement les voies respiratoires oro-pharyngiennes, ainsi que la région mandibulaire, la ceinture pectorale et, enfin, le diaphragme.

À ce stade, les principales raisons de la consultation sont les problèmes de phonation, l’aspect oral de manger ou de parler, les problèmes posturaux tenant la tête sur le corps, avec une distance réduite entre le menton et le sternum, la difficulté à avaler et la pathologies chroniques de l’oreille, du nez ou de la gorge

Les visites suivantes peuvent avoir lieu tous les six mois.

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Les liens entre posture, respiration et phonation: ostéopathie et orthophonie

Les orthophonistes traitent souvent des enfants présentant des pathologies d’une grande variété mais qui restent liés dans leur manifestation. Ils apparaissent dans la position prostrée, complètement fermé à l’avant. À ce stade, essayer de leur expliquer comment respirer, comment se tenir, pourquoi ils doivent être plus droits, est souvent inefficace.

La raison pour laquelle ces enfants sont incapables d’assumer une position normale est que cette position, ce mode de respiration ne sont pas intégrés dans leur schéma corporel. On ne peut qu’imaginer l’impact négatif d’une manipulation vertébrale sur ce type de cas. Leur schéma, leur corps réagirait comme s’il s’agissait d’une agression réelle.

Le travail de l’ostéopathe est de permettre à ce schéma de s’affranchir de ces tensions afin de permettre au petit patient de se tenir debout, d’augmenter la mobilité de son propre corps, et ainsi de rétablir sa fonction propre. Ensuite, le discours sera facilité.

Le système musculo-squelettique et le système de soutien des organes digestifs doivent être perçus comme une immense machine interactive fonctionnant dans un système indissociable qui ne peut être connu que par l’étude de l’anatomie. Par conséquent, la perte de mobilité d’un seul rouage dans cette machine, que ce soit une vertèbre, un muscle ou même un organe, déséquilibre tout le système.

Un muscle extrêmement important se distingue dans ce mécanisme, il s’agit du diaphragme. C’est, avec l’organe cardiaque, le muscle qui travaille le plus fort dans le corps humain. Il effectue également plusieurs rôles, a pour fonction principale la respiration, sépare le thorax de l’abdomen, distinguant ainsi le « respiratoire » du « digestif »,  sert de « siège » du coeur, puisque le « quad » cardiaque est défini à son fond par le diaphragme, et joue également un rôle clé dans la cage thoracique et l’abdomen, servant en partie à l’attacher à la colonne vertébrale

Il ne faut pas non plus oublier ses prolongements : un ligament falciforme qui s’étend jusqu’au foie, le ligament gastro-phrénique qui le relie à l’estomac, le ligament spléno-phrénique qui le relie à la vésicule biliaire, qui constitue le compartiment sous-phrénique. Tous les organes (foie, poumons, estomac …) sont attachés au diaphragme, ce qui signifie qu’il y a des répercussions sur le diaphragme lorsque l’un des organes mentionnés ci-dessus devient dysfonctionnel.

La respiration peut être perturbée par un ligament digestif, mais cette même respiration peut également modifier la position posturale, ce qui entraîne des tensions digestives. Ainsi, ne prendre en compte qu’un élément de l’ensemble limiterait l’atteinte des résultats attendus. L’amélioration de la phonation nécessite par conséquent l’observation de tous les éléments de la machine: le squelette, les muscles, le système nerveux para-sympathique et le système digestif.

Schémas corporels et émotionnels et ostéopathie

La clé du processus thérapeutique est l’écoute. Aussi petit soit-il, ils sont toujours les plus proches du problème. C’est ce qu’ils ressentent, leur expression et leurs paroles que nous devons prendre en considération pour les aider, car ce qu’ils décrivent n’est pas transformé ou simplement répété par un adulte. Leurs émotions sont exprimées dans leur forme la plus élémentaire et ceci, et seulement cela nous permettra de comprendre le schéma corporel du petit patient. Ce n’est en aucun cas un substitut du pédopsychiatre, mais il existe indéniablement un lien entre les schémas corporels et émotionnels qui ne peuvent être ignorés ou négligés.

Comme dans d’autres spécialités médicales et paramédicales, un ostéopathe n’est qu’un lien dans une chaîne thérapeutique propre à chaque enfant. Le but de leur intervention est de libérer les verrous tissulaires, afin de faciliter le travail de tous les autres impliqués dans le traitement.